Ce que dit la loi en 2026

Depuis le 1er janvier 2025, les logements classés G ne peuvent plus être mis en location en France. Depuis le 1er janvier 2028, ce sera au tour des F. Et à partir du 1er janvier 2034, les E rejoindront cette liste.

Concrètement, en 2026, un propriétaire bailleur d'une maison classée E peut continuer à louer normalement. Mais l'horizon 2034 commence à peser dans les décisions d'investissement, surtout pour les biens dont la rénovation est compliquée (toiture, isolation par l'extérieur impossible).

Pour un propriétaire occupant qui veut vendre, l'impact est plus indirect. Les acheteurs intègrent la classe DPE dans leur offre, anticipant les coûts de rénovation à venir. Notre guide sur l'estimation d'une maison aborde ce point.

L'impact réel sur le prix de marché

Les données 2025 du réseau notaires de France indiquent qu'un bien classé E se vend en moyenne 4 à 6 % en dessous du même bien classé D, dans la même commune. La décote atteint 8 à 12 % pour un classement F, 15 à 20 % pour un G.

Ces écarts varient selon les zones. Sur le littoral breton ou en hyper-centre rennais, la rareté du bien fait passer la classe DPE au second plan ; un E peut se vendre au même prix qu'un D. À l'inverse, en zone détendue (campagne normande, Bretagne intérieure), l'écart est plus marqué.

Notre analyse du marché immobilier dans l'Ouest reprend ces tendances par zone géographique.

Faut-il rénover avant de vendre

Passer d'une classe E à une classe D coûte en moyenne 8 000 à 20 000 euros pour une maison standard, selon les travaux nécessaires (isolation des combles, changement de chaudière, remplacement de quelques fenêtres). Le gain à la revente se situe entre 5 et 10 % du prix.

Sur un bien à 280 000 euros, c'est 14 000 à 28 000 euros de plus-value sur la vente, pour un investissement de 15 000 à 20 000 euros. Le calcul est généralement positif, à condition que les travaux soient faits avec sérieux et documentés par les factures.

Pour une rénovation plus lourde (passage de E à C ou B), le calcul devient moins évident. Au-delà de 30 000 ou 40 000 euros de travaux, le retour à la vente est souvent inférieur à l'investissement, sauf si les travaux servent en parallèle à votre confort pendant les années précédant la vente.

Les aides disponibles en 2026

MaPrimeRénov, l'éco-PTZ, les certificats d'économies d'énergie (CEE) couvrent une partie des travaux d'isolation et de changement de chauffage. Cumulables sous certaines conditions, ils peuvent réduire de 30 à 50 % le coût net des travaux pour un ménage aux revenus moyens.

Le bonus : ces aides s'appliquent même si l'objectif final est la revente, à condition de respecter les conditions d'éligibilité (entreprise RGE notamment). C'est une opportunité réelle pour rentabiliser une rénovation préalable à la vente.

Attention au calendrier : les délais d'attribution peuvent atteindre 4 à 6 mois en 2026. Si la vente est prévue dans l'année, lancer les démarches dès maintenant.

L'effet psychologique sur les acheteurs

Au-delà du calcul financier, la classe DPE a un effet psychologique fort sur les acheteurs. Une étiquette E reste perçue comme acceptable, presque rassurante. Une étiquette F crée une hésitation immédiate. Une G fait souvent passer le bien hors du périmètre de recherche, même si le prix est attractif.

Ce filtre psychologique évolue dans le temps. Il y a cinq ans, la classe ne pesait presque pas dans la décision. Aujourd'hui c'est devenu un critère central, au même niveau que la surface ou le nombre de chambres.

Notre rubrique sur le mandat exclusif aborde aussi cet effet, parce qu'une agence qui anticipe bien la communication sur la classe DPE (mise en avant des points forts du bien, projection de travaux possibles) accélère significativement la vente.