Brest centre : -5 % en 2025
Brest a vu son centre-ville reculer de 4,8 % sur les transactions enregistrées en 2025, à 2 350 euros le m² en moyenne (contre 2 470 en 2024). Cette baisse touche surtout les biens classés F ou G, qui forment une part importante du parc.
Les biens rénovés en classe C ou D résistent mieux. La fracture énergétique est devenue le principal facteur de prix en centre-ville brestois. Un T3 rénové part en deux mois, un T3 non rénové stagne quatre à six mois avec une décote.
Cette dynamique va probablement s'accentuer en 2026, le temps que l'offre se renouvelle. Pour un acheteur prêt à faire des travaux, c'est une fenêtre intéressante. Notre guide sur l'estimation d'une maison reprend la méthodologie pour intégrer le coût de rénovation.
Quimper : -3,2 % sur les maisons familiales
Quimper a connu un mouvement plus modéré, principalement sur les maisons familiales de la périphérie. Les T5 à T6 avec jardin ont baissé d'environ 3 %, contre une stabilité sur les T3 et T4 en centre.
L'explication tient au profil démographique local. Les jeunes acheteurs préfèrent les biens en centre plus modestes mais bien classés DPE. Les grandes maisons familiales en périphérie peinent à trouver acquéreur, sauf rénovation récente.
Lannion : -4,5 % sur l'ensemble
Lannion subit le contre-coup du télétravail. Beaucoup d'achats opportunistes pendant la période Covid ont été suivis de reventes deux ou trois ans plus tard, créant un afflux d'offres sans demande équivalente.
Les biens à 250 000 ou 350 000 euros, en particulier, sont plus longs à vendre qu'en 2022 ou 2023. Les délais moyens atteignent 130 jours en 2025, contre 75 il y a trois ans. Notre rubrique sur le mandat exclusif rappelle que ce profil de marché justifie souvent l'exclusivité.
Saint-Brieuc : -4 % en centre-ville
Le centre de Saint-Brieuc a perdu environ 4 % en 2025, principalement sur les appartements anciens dans les immeubles non rénovés. Les copropriétés avec gros travaux à venir sont les plus touchées : les acheteurs intègrent le coût des travaux dans leur offre, ou se reportent ailleurs.
Les maisons en première couronne (Plérin, Trégueux, Langueux) résistent mieux. Le centre subit aussi la concurrence du littoral proche, qui attire les acheteurs de résidence secondaire à des prix devenus plus accessibles depuis le pic de 2023.
Morlaix, Pontivy, Loudéac, Carhaix : la Bretagne intérieure souffle
Quatre villes moyennes de l'intérieur breton ont enregistré des baisses entre 3 et 6 % en 2025. Morlaix, Pontivy, Loudéac, Carhaix partagent un profil démographique en stagnation, une démographie vieillissante, et un parc immobilier ancien qui peine à se moderniser.
Les prix restent absolument abordables (1 200 à 1 600 euros le m² selon la commune), mais le marché y est lent. Pour un investissement patrimonial long terme, les biens rénovés peuvent rester intéressants. Pour un investissement locatif rentable, la demande reste limitée.
Voir aussi notre analyse du marché immobilier dans l'Ouest pour le cadre régional complet, et notre comparatif louer-acheter pour les arbitrages individuels.
Ce qu'il faut retenir de ces baisses
Aucune de ces baisses n'est massive. On parle de mouvements de 3 à 6 % en moyenne, à comparer à des hausses de 30 à 40 % sur la décennie précédente. Les biens concernés sont presque toujours mal classés DPE, situés en zone non touristique, ou affectés par une dynamique locale spécifique.
Le littoral et les agglomérations dynamiques (Rennes, Vannes principalement) continuent leur trajectoire haussière, même si plus modérée qu'auparavant. Le marché breton se segmente, ce n'est pas une baisse uniforme.
Pour un propriétaire vendeur, ces signaux invitent à fixer un prix réaliste dès la mise en ligne. Notre guide pour vendre une maison dans l'Ouest reprend la méthode pour éviter le piège du prix trop ambitieux.